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7 - Le type psychologique d'Auqmn : intuition introverti

Auqmn

A la lecture de 'Psychological types', je me reconnais clairement dans le type introverti intuitif, et dans une moindre mesure, dans le 'extraverted thinking type' (comment traduire 'thinking' dans ce contexte ?). Je pense donc que tu avais raison et que la pensée est ma fonction auxiliaire. Dans mes rapports avec le monde extérieur j'essaie de faire prévaloir la logique, l'objectivité et la rationalité, mais c'est pour me protéger de cette réalité si souvent hostile. Cependant ma compréhension de Jung sur ce sujet est encore partielle et sans doute certains points m'ont échappé. La fonction sensation me semble moins développée que les autres, mais j'ai encore du mal à cerner ce que Jung entend par là. Dans quel domaine se traduit cette déficience ? Je ne sais pas très bien. Je ne pense pas que la sensualité ni ma sexualité soient affectées (le contact physique et les caresses ont toujours été sources d'un grand plaisir). Curieusement, il y a un sens physique qui ne m'apporte rien : l'ouïe. La musique ne me procure aucune sensation (mes parents et mon frère apprécient beaucoup la musique et en écoutent souvent, moi jamais de ma propre initiative). La peinture, la sculpture, l'architecture ne me laissent pas indifférente mais me touchent assez peu, alors que je suis extrêmement sensible à la littérature et à la poésie (pas au théâtre). Je crois que c'est parce que ce sont les arts les plus éloignés de la perception directe. Je ne suis pas sûre que ce soit en rapport avec cette fonction sensation déficiente, mais je te fais part de cette remarque que l'on m'a faite : quand je fais du sport, je suis brutale avec mon corps. Je n'en avais pas conscience, mais faire du sport signifie souvent pour moi en effet pousser mon corps à ses limites. Le plaisir dans le sport est souvent lié pour moi au moment où je m'arrête et où la souffrance cesse. Je déteste courir mais je cours. Je déteste le vélo mais je fais plusieurs dizaines de km avec des dénivelés importants. Je pars en randonnée dans la garrigue en plein été en début d'après-midi quand il fait 35 degrés à l'ombre et je marche 15 à 20 km, en plein soleil (je marche dans les montées et les passages difficiles seulement, dès que possible je cours). Je nage 1,5 km chaque jour et je m'ennuie tout au long. Mais j'ai besoin de l'exercice physique pour éliminer quelque chose. Je n'y prends guère ou pas du tout plaisir (sauf pour le parachutisme et le canyoning) mais après je suis apaisée, beaucoup plus sereine.

Quant à mon approche des problèmes de math (ceux qui sont intéressants et neufs , pas ceux pour lesquels suffit l'application d'une des multiples techniques acquises en prépa), elle est nettement intuitive. Je laisse quelques idées se présenter ou passe en revue les méthodes classiques, et parfois l'une 'me fait signe'. Je la choisis pour tête de pont, puis j'essaie de poser d'autres jalons jusqu'à finalement rejoindre le but (je progresse par 'bonds' intuitifs, et ensuite je m'efforce de prouver chaque lemme par le raisonnement (de relier entre eux chaque pilier du pont). Il m'est arrivé ainsi de bâtir seulement un commencement de démonstration, éventuellement à rebours en partant de la conclusion, sans parvenir à aller jusqu'au bout, puis d'apprendre par la suite que la voie que j'avais choisie était correcte, que je m'étais seulement arrêtée en chemin - confirmant ainsi la confiance placée en mon intuition, qui me guide sûrement même quand je ne distingue pas la destination (quand le pont s'avance dans le brouillard).

J'éprouve dans ma vie une dichotomie entre ce que je vis intérieurement (mes espaces imaginaires, la création littéraire, où je puis être moi et où l'intuition prédomine) et ce corset mental que je m'impose pour affronter les autres, et qui, pour être efficace, doit être rationnel, logique, et cohérent. Je crois que souvent je trouve après coup des explications rationnelles à mes intuitions, car il me déplaît de les admettre pour telles (C'est plus rassurant de se fier à la logique et la raison pure). Néanmoins, après mûre réflexion sur le sujet (mon adhésion spontanée devait être réexaminée et corroborée par l'expérience), ma fonction dominante est bien l'intuition.

Je ne sais pas comment intégrer à ce profil le fait que la 'moralité' de mes actes (leur conformité à mes propres principes) est ma priorité. Faire mon 'devoir' est plus important pour moi qu'être heureuse (même si je ne sais pas toujours comment être juste). Ce qu'il me FAUT faire est ma priorité. Jamais (ou très rarement) je ne considère ce que j'aimerais faire. J'essaie de rationaliser ces principes et de me dire que je veux agir selon un idéal de justice, mais ce n'est pas ma seule motivation.

Ma notion de 'devoir' consiste en une série de règles, de codes, de lois qui doivent régir mon comportement dans mes relations avec le monde extérieur. Elle est assez singulière, pesante et à l'occasion parfaitement irrationnelle. Par exemple elle comporte l'interdiction de céder à la facilité : si j'hésite face à un choix (un raisonnement objectif ne me permet pas de trancher) et qu'une alternative me paraît plus facile que l'autre, je la rejette. Or souvent une option me paraît plus facile parce qu'elle correspond à ce que j'aime, à ce que j'ai envie de faire. Bref, je m'impose ce que j'aime le moins. Un autre exemple ridicule de mise en pratique de ce 'devoir' : je suis invitée à manger chez quelqu'un et on me propose de prendre une seconde portion d'un plat. Si j'ai aimé le plat, je refuse. Dans le cas contraire, j'accepte. Absurde ? Certes, et pourtant, voici l'explication logique : si j'ai aimé, je pense que tout le monde a aimé et je veux laisser aux autres le plaisir d'une deuxième part. Si je n'ai pas aimé, je ne veux pas que le (la) cuisinier (ère) sache que son plat ne m'a pas plu et je veux lui épargner d'essuyer un refus de la part de tous les convives. Agir autrement serait mal car égoïste (sic). Je ne condamnerais pas une telle attitude chez quelqu'un d'autre, mais je ne le tolère pas de ma part. C'est ce 'devoir' qui me poussait à jouer avec les enfants que les autres laissaient à l'écart. Je faisais effort pour m'intéresser à eux et être particulièrement gentille avec eux, pour compenser l'attitude des autres enfants (il va sans dire que c'est avec les autres que j'avais envie de jouer, et que je m'ennuyais la plupart du temps avec ces 'laissés-pour-compte' qui parfois étaient vraiment pénibles Mais je pensais qu'ils souffriraient moins de ce rejet si quelqu'un préférait leur compagnie, et donc je devenais ce quelqu'un). Mon 'devoir' m'obligeait à m'obstiner dans les cours d'équitation alors que j'étais malade de peur avant la reprise, parce qu'en abandonnant j'aurais fait preuve de lâcheté et manqué de volonté. C'est mon 'devoir' qui m'a poussée à choisir un cours de mécanique des fluides très poussé qui ne m'intéressait absolument pas et qui a exigé beaucoup de travail, au lieu d'un cours sur la bio-énergétique, plus simple, qui correspondait plus à mes intérêts. C'est mon 'devoir' qui a failli m'envoyer à Aachen au lieu de Montréal, alors que la formation offerte ici me convient mieux et que j'étais attirée par le Canada (trois mois de tergiversations pour un choix qui aurait dû être évident). Par devoir j'ai accepté des responsabilités pour lesquelles je n'avais aucun goût et que parfois je remplissais mal en dépit de mes efforts. J'ai fait par 'devoir' des choses qui m'ont stupidement beaucoup coûté et qui se sont parfois révélées vaines. Cette compulsion à suivre des règles très strictes, très contraignantes (pour me prouver que je suis digne d'exister ?), comment l'intègres-tu aux 4 fonctions ?

J'ai encore été prolixe :-)) mais j'aime écrire et tu poses des questions difficiles.

Christian : Fonction inférieure

Je pose des questions difficiles car je sais que tu aimes ça et que tu as du répondant et aussi parce que j'ai beaucoup de plaisir à échanger avec toi à ce niveau.

Moi qui suis infirme linguistique, je lis les traductions françaises : 'extravertie thinking type' c'est le 'type pensée extraverti'. Je suis heureux que tu me confirmes mon diagnostic à ton sujet, car étant moi-même de type intuitif introverti, je n'excluais pas la possibilité de faire une projection en me reconnaissant en toi. Je ressens très justement ce que tu décris. Chez moi aussi, la pensée est la fonction auxiliaire, j'évolue dans un monde rationnel et logique essentiellement, et je la sollicite énormément. Néanmoins ce n'est pas elle le maître à bord, c'est une fonction plus subtile, plus irrationnelle, elle intervient beaucoup moins souvent, mais tant qu'elle ne s'est pas manifestée je suis comme un pigeon voyageur qui n'a pas pris son cap. Je suis frappé par la sûreté de ton jugement. Oui, pour nous, la pensée est la fonction de relation avec l'extérieur qui protège notre intimité intérieure en nous rendant acceptable aux autres. Ainsi pouvons-nous dire que la pensée est la fonction principale de la 'persona' (je suppose que tu es familiarisée avec le vocabulaire jungien), notre 'masque social'.

Et donc si l'intuition est la fonction dominante, la sensation est la fonction inférieure, composante principale de l'ombre. Cela signifie que cette fonction n'est pas aussi développée qu'elle pourrait l'être et que le sont les autres. Cela se traduit par un manque de sensibilité, un manque de sens des nuances dans certains domaines. Voici, pour préciser, quelques exemples me concernant qui te permettront de transposer à ton cas personnel :

- je ne suis pas observateur car observer analytiquement ne m'intéresse pas (ce n'est pas un jugement de valeur, c'est un mode de fonctionnement), par contre ressentir des ambiances, sentir de l'intérieur ce qui anime les gens m'est familier et là je suis plutôt bon.

- je sais être gourmet, mais si je me laisse aller à mon penchant naturel, je ne mange pas, je bouffe.

- moi aussi j'aime le contact physique et les caresses, mais par ailleurs, dans le quotidien, je ne suis pas à l'écoute de mon corps, mon intuition suit sa piste du moment, ma pensée mouline à son service, je vis ma passion, et je ne m'arrête que lorsque je suis exténué car je n'ai pas senti venir la fatigue.

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Commentaire de Sylvie : Ce n'est qu'un MENSONGE de plus des webmasters qui ne sont plus à ça près.. (posté le 23/12/2006 à 01h01).

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